AS Monaco Basket : l'été où le roi est tombé

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Elite 1


Il y a quatre mois, Monaco soulevait tout ce qui pouvait se soulever en France. Aujourd'hui, le club n'existe plus qu'à travers son équipe amateur, en cinquième division.
Entre les deux, pas une défaite sur le parquet : que des décisions de bureau. C'est peut-être ça le plus vertigineux dans cette histoire. La Roca Team n'a pas été battue, elle a été rattrapée par ses comptes.

Un château aux fondations fissurées

Sur le papier, 2025-26 restera comme la saison parfaite. Championnat, Coupe de France, Leaders Cup, Supercoupe : Monaco a tout rafé. En EuroLeague, le club a encore tenu son rang jusqu'aux playoffs, un an après avoir disputé la finale.

Mais derrière la vitrine, le modèle tenait de l'équilibre instable. Le club a fini la saison au bord de la faillite, avec des dettes héritées de l'ère Alexey Fedorychev. Et sa place en EuroLeague n'était même plus garantie : en juin, il en était réduit à espérer une wild card. Les trophées masquaient une fragilité qui ne pouvait pas rester cachée éternellement.

L'effet domino

Tout s'enchaîne à partir du 3 juillet. Ce jour-là, le gendarme financier du basket français refuse d'engager Monaco en première comme en deuxième division. Le club fait appel, perd le 1er août, puis perd encore devant le CNOSF le 28 août.

Entre-temps, un espoir naît puis s'éteint : l'ancien joueur NBA Jamal Mashburn s'intéresse au projet, avant de se retirer le 19 août. Un investisseur suisse, Thomas Kurk, finit par reprendre 97 % du capital avec 10 M€ par an sur la table. Trop tard pour convaincre.

Le 1er septembre, l'EuroCup raye Monaco de ses listes et donne sa place à Bosna Sarajevo. Dernier espoir, la Nationale 1 : refusée le 12 septembre, refus confirmé le 18. Le championnat démarre le jour même, sans eux. Pendant ce temps, l'effectif champion s'est évaporé : début septembre, seul Juhann Begarin était encore sous contrat.

Rigueur ou acharnement ?

C'est toute la question, et chaque camp a ses arguments.

Côté monégasque, on crie à l'injustice. Le club dit avoir payé tous ses salariés et présentait pour la NM1 un budget de 7,5 M€, environ sept fois celui d'un club moyen de la division. Son avocat, Xavier Le Cerf-Galle, estime que Monaco a été sanctionné pour de la paperasse : une attestation du commissaire aux comptes arrivée sans le bon tampon.

Côté fédération, le discours est tout autre. Son président, Jean-Pierre Hunckler, jure que la décision « n'est pas politique » et que Monaco n'a simplement pas fourni les garanties exigées de tout le monde. Et il reste 2,38 M€ de dette envers l'EuroLeague.

Au fond, les deux peuvent avoir raison en même temps. Un club qui a vécu des années au-dessus de ses moyens ne peut pas s'attendre à ce qu'on le croie sur parole du jour au lendemain. Mais on peut aussi se demander si le basket français gagne quelque chose à perdre son meilleur club pour un dossier incomplet.

Repartir de tout en bas

La prochaine date à retenir est le 2 octobre, jour de l'audience au tribunal. Pour la société professionnelle, l'issue la plus probable est désormais la liquidation, avec plus d'une vingtaine d'emplois en jeu.

Mais le basket monégasque ne s'éteint pas pour autant. L'équipe amateur a démarré sa saison de Nationale 3 par une victoire contre Aubagne (78-69), puis une défaite à Golfe-Juan (93-86). Elle veut continuer à jouer à Gaston-Médecin et compte sur la « Roca Family » pour remplir les tribunes.

Le club parle de reconstruction par la formation et d'un retour en Europe un jour. Le chemin sera long : il faudra gravir quatre divisions pour retrouver l'élite. Un an après une finale d'EuroLeague, Monaco repart de zéro, et c'est peut-être là la vraie leçon de cet été : sans fondations solides, aucun palmarès ne protège.

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